Vous avez l’impression d’être un imposteur ? Ne doutez plus de vous-même !

Combattre le syndrome de l’imposteur

Il y a quelques jours, je discutais avec une amie à propos de son entreprise. Ce jour-là, pour elle, tout semblait aller de travers. Elle savait pertinemment qu’elle devait faire avec, m’expliquait-elle. À cet instant précis, elle avait pourtant l’impression d’être un imposteur, un enfant jouant dans la cour des « grands ».

 

Je connais bien ce sentiment ! Ce sentiment qui, non content de mettre un frein à votre entreprise, peut vous épuiser émotionnellement. Ce sentiment qui vous angoisse et vous pousse à gaspiller du temps et de l’énergie en ressassant des pensées négatives.

Identifier les différents aspects du problème

En fait, nous avons déjà presque tous connu cette impression. En discutant avec des amis et des collègues, j’ai remarqué que trois éléments (qui vous seront peut-être familiers) revenaient souvent :

  • on ne se sent pas à la hauteur
  • on ne sait pas quoi faire pour être à la hauteur
  • on a honte de ne pas être à la hauteur

Bref, un sacré cocktail, dont je vous propose d’analyser chaque ingrédient plus en détail.

Ne pas se sentir à la hauteur

Lorsque vous vous lancez dans une aventure, qu’il s’agisse d’une création d’entreprise ou d’un projet important, tout le monde vous encourage, et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Malgré l’euphorie des débuts, vous ne pouvez quand même pas vous empêcher de vous dire que vous n’avez pas toutes les compétences nécessaires.

Tout cela est nouveau pour vous ! Vous voyez autour de vous des personnes réussir, sans pour autant comprendre comment elles en sont arrivées là. Au fond de vous, vous ne vous sentez pas capable d’assurer la réussite de votre projet.

Ne pas savoir quoi faire pour être à la hauteur

Évidemment, avoir conscience que l’on a beaucoup à apprendre est une bonne chose. Il peut même être stimulant de se dire que, d’ici un an, on aura beaucoup appris. Mais cette perspective peut aussi être intimidante, surtout en l’absence d’axes d’amélioration. Un projet semble bien plus compliqué si on ignore comment le mener à bien. Il est déjà difficile d’admettre que l’on n’est pas à la hauteur, mais ne pas savoir quoi faire pour changer les choses l’est encore plus.

Avoir honte de ne pas être à la hauteur

Vous voilà confronté à vos questions et à vos doutes. Et si tout le monde le remarquait ? Quand vous avez démarré ce projet, vous avez dit à tout le monde que vous alliez réussir. Vous les avez laissés croire que vous saviez exactement ce que vous faisiez. Et s’ils réalisaient maintenant qu’ils s’étaient trompés à votre sujet ? Le sentiment de honte peut être paralysant.

Lorsque l’on pense ne pas être à la hauteur, qu’on ne sait pas quoi faire pour changer les choses, et que cela nous gêne de l’admettre, on peut finir par avoir l’impression d’être un imposteur, une personne incapable d’assumer ses engagements.

Comment ne plus douter de soi

Comment arrêter de douter de vous-même

1. Exprimez vos doutes

Tout le monde a déjà connu ce sentiment, y compris les personnes que vous admirez le plus. Lorsque j’ai proposé à mon éditrice de faire un article sur ce sujet, elle a immédiatement réagi : « C’est vrai, c’est ce que je ressens tous les jours au travail. » Nous sommes tous concernés, et tout le monde sera prêt à vous aider.

Repensez aux personnes qui vous ont proposé leur aide au tout début de votre projet. Ces personnes sont toujours là, prêtes à partager leur savoir, à vous guider et à vous aider à prendre des décisions avisées. Tout ce que vous avez à faire, c’est de leur demander.

 

Vous n’avez même pas besoin de savoir précisément ce qui vous pose problème. Parfois, il suffit d’une discussion informelle avec une personne à l’écoute. Cette personne vous aidera à comprendre vos doutes et à vous recentrer. Vous n’avez pas à être gêné, car nous connaissons tous ce sentiment.

Tous vos efforts porteront leurs fruits

2. Faites-vous aider

Vous n’êtes pas obligé d’affronter cette épreuve tout seul. À moins que vous y teniez particulièrement, mais il y a fort à parier que vous irez ainsi au-devant de difficultés. Parfois ce qui vous demanderait deux semaines de lutte acharnée peut être fait par d’autres personnes en une heure seulement. Imaginez tout ce que vous pourriez faire de ces deux semaines ! D’autant que vous redoublerez de motivation une fois que vous serez débarrassé de ce terrible poids.

 

En ce qui me concerne, je n’ai jamais eu le courage de devenir entrepreneur : j’étais trop angoissé à l’idée de devoir trouver des clients et gérer les formalités administratives. En y repensant, j’aurais pu prendre conscience de ma phobie administrative et embaucher un comptable. Et pourquoi pas un coach professionnel, qui m’aurait appris à trouver des clients. (Qui sait, peut-être qu’un jour j’ouvrirai ma propre boutique de glaces après tout).

3. Prenez le temps d’apprendre et acceptez d’être en difficulté

Ce que j’ai retenu de la période où j’ai dû apprendre une nouvelle langue, c’est que la seule vraie manière de progresser est de se lancer, de faire des erreurs et d’accepter d’être en difficulté. N’hésitez pas à rire de vos erreurs : cela vous permettra d’apprendre, de manière ludique et motivante.

 

Pour que d’autres personnes puissent vous aider, elles doivent savoir sur quels points se concentrer. Vos lacunes doivent donc être clairement identifiables, afin qu’on puisse vous venir en aide. Vous allez forcément vous sentir exposé et vulnérable : il est donc préférable de choisir dans votre réseau des personnes patientes et expérimentées pour vous guider vers la réussite. Reconnaître que vous avez des choses à apprendre est la première étape, trouver un bon mentor est la deuxième.

4. Soyez fier de vous et de vos progrès

Il y a quelques années, j’ai emménagé en Allemagne, un pays dont je ne suis pas originaire. Vous ne savez pas à quel point j’étais fier la première fois que j’ai réussi à parler allemand pendant une journée entière ! Même si j’étais épuisé intellectuellement d’avoir dû m’exprimer dans une langue étrangère toute la journée, j’avais réussi ! Et le sourire qui éclairait mon visage en témoignait. Bien sûr, j’avais encore beaucoup à apprendre, mais je venais de franchir une étape importante.

 

N’ayez pas peur de devenir accro à ce sentiment de fierté : il peut vraiment booster votre entreprise ! Vous devrez régulièrement faire face à de nouveaux défis, parfois sans avoir la moindre idée, au départ, de comment les surmonter. Ne faites pas l’erreur de voir en ces défis des obstacles qui vous empêcheront d’avancer. Le fait de devoir apprendre et vous enrichir ne constitue pas un obstacle, mais une nécessité !

 

C’est ainsi que vous ferez grandir votre entreprise et que vous vous enrichirez en tant que personne. Ces défis vous donneront parfois l’impression d’être un imposteur. Mais ils vous permettront également de vous dépasser et d’enrichir vos connaissances.

5. Acceptez d’avoir des choses à apprendre

Dans le cadre de vos activités, vous pouvez être amené à explorer des domaines que vous ne maîtrisez pas. Vous devez accepter d’avoir temporairement des choses à apprendre. Faites-vous aider, et prenez le temps de vous former auprès d’un bon mentor.

 

On a l’impression d’être un imposteur lorsque l’on prétend être ce qu’on n’est pas. Or, si vous montrez aux autres que vous avez encore des choses à apprendre, ils auront moins d’attentes envers vous. Veillez également à prendre conscience, dès le début, des progrès que vous faites et de tout ce que vous apprenez. Vous n’aurez aucune raison de ne pas être optimiste et motivé puisque vous verrez vos progrès !

6. Ne vous comparez pas à quelqu’un de plus expérimenté

Difficile de ne pas se sentir intimidé face au chemin qu’il nous reste à parcourir pour réussir. On peut être frustré de voir que d’autres personnes maîtrisent des choses qui nous sont complètement étrangères.

 

Voici une belle citation, qui m’a beaucoup aidé à gérer cette frustration : « Don’t compare your beginning to someone else’s middle » (Ne vous comparez pas à quelqu’un de plus expérimenté).

 

Chaque personne passe du temps à se perfectionner dans son propre domaine. Par exemple, vous êtes peut-être incapable de concevoir un site web, mais savez tout de la gestion d’une entreprise. En d’autres termes, même si vous ne savez pas concevoir un site web, vous serez en mesure d’offrir un service très intéressant une fois le site créé.

 

Si vous commencez tout juste à apprendre comment concevoir un site web, il serait injuste, vis-à-vis de vous-même, de vous comparer à un web designer expérimenté. D’autant qu’en faisant cela, vous passeriez à côté de vos autres compétences !

Nous manquons tous de confiance en nous… même Neil Armstrong

Voici une anecdote partagée par l’écrivain Neil Gaiman, qui montre que même les gens que nous admirons ne se sentent parfois pas à la hauteur :

 

« Il y a quelques années, j’ai eu la chance d’être invité à un événement rassemblant des personnes brillantes et exceptionnelles : des artistes, des scientifiques, des écrivains et des inventeurs. Je me disais qu’à un moment, les autres invités allaient forcément se rendre compte que je n’avais pas ma place parmi ces personnes qui avaient vraiment réalisé de grandes choses.

Lors de ma deuxième ou troisième soirée sur place, alors que je me tenais au fond de la salle pour écouter une animation musicale, j’ai commencé à discuter avec un homme d’un certain âge, tout à fait charmant. Nous avons parlé de divers sujets, notamment le fait que nous partagions le même prénom. C’est alors que, désignant les personnes présentes dans la salle, il a dit quelque chose du genre : “Quand je regarde tous ces gens, je me demande franchement ce que je fais ici. Ils ont accompli de grandes choses. Moi, je me suis contenté d’aller là où l’on m’a envoyé.”

Je lui ai répondu : “C’est vrai. Mais vous avez quand même été le premier homme à marcher sur la lune. Ce n’est pas rien.”

À ce moment-là, je me suis senti mieux. Si même Neil Armstrong avait l’impression d’être un imposteur... c’était peut-être le cas de tout le monde. Peut-être qu’il n’y avait finalement pas de “grandes personnes”, juste des personnes qui avaient travaillé dur, qui avaient parfois eu de la chance et qui se sentaient un peu dépassées mais faisaient du mieux qu’elles pouvaient (ce qui n’est déjà pas mal). »


Au fait, j’allais oublier : l’amie dont je parlais au début vient de signer un partenariat très prometteur et de donner sa première formation à un groupe de clients. Deux grands événements dans sa vie professionnelle et personnelle. La morale de l’histoire ? Les choses finissent toujours par s’améliorer !

Frank van Oosterhout


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